Les enfants et la surexposition au bruit

Une campagne de sensibilisation à l’environnement sonore me donne envie d’écrire cet article : la 16e édition de La Semaine du son a lieu du lundi 21 janvier au dimanche 3 février 2019 partout en France.

Je suis créatrice de séance de détente sensorielle et ludique, je me costume en « fée du pays des doudous » et je propose aux petits et grands une ballade sensorielle dans la forêt magique. Là, dans le silence, je propose l’écoute des sons de la forêt, cela amène à ce précieux et unique instant présent : c’est de la pleine conscience.

Quand je vais au parc avec mes enfants, je leur chuchote « Écoutez le silence ». Là, les bruits de la ville sont oubliés. De ce silence jaillit alors le chant d’un oiseau, l’aboiement d’un chien au loin. Je trouve cela très apaisant : revenir à l’instant présent par l’écoute des sons de la nature. Nous ne pouvons être qu’ici et maintenant, ce qui éloigne, pour un temps, le fameux stress du quotidien.

Leur apprendre à écouter le silence

Il est important pour nos enfants que nous leur apprenions à découvrir le silence. Leur corps et leur cerveau ont besoin de ces temps de pause. Ils pourront alors être davantage disponibles pour les apprentissages. Les moments de calme et de silence leur permettent d’être moins dans le faire et plus dans l’être : plus conscients de ce qui se passe en eux.

Les enfants ont besoin de moments calmes, de période de silence pour leur développement psychomoteur. La difficulté, c’est qu’ils vivent bien souvent dans une pollution sonore à la maison, à l’extérieur. Les enfants ont besoin de moments calmes, de période de silence pour leur développement psychomoteur. La difficulté, c’est qu’ils vivent bien souvent dans une pollution sonore à la maison, à l’extérieur.

Qu’est-ce que la pollution sonore ? 

La notion de pollution sonore regroupe généralement des nuisances sonores provoquées par diverses sources, dont les conséquences peuvent aller d’une gêne passagère à des répercussions graves sur la santé. 

Quelles conséquences sur nos enfants ?

À la crèche, à l’école, à la maison, le bruit est souvent hyper présent. Des niveaux sonores intenses peuvent entraîner chez les enfants :

  • une fatigue auditive
  • des maux de tête
  • une baisse d’énergie
  • un manque d’attention
  • du stress


Le bruit a des conséquences négatives sur l’apprentissage

 

Une étude américaine a constaté que les environnements bruyants ont des conséquences négatives sur l’apprentissage de la parole. L’une des auteures de l’étude Brianna McMillan doctorante en psychologie au sein de l’Université américaine atteste que « les maisons d’aujourd’hui sont remplies de bruits en tout genre comme la télé, la radio ou des discussions pouvant affecter la façon dont l’enfant apprend des mots pendant son plus jeune âge. Notre étude suggère que les parents devraient prendre conscience du volume sonore de l’environnement dans lequel ils interagissent avec leur enfant ». Le son n’a pas besoin d’être très élevé pour entraîner des effets négatifs. Par exemple, des études ont montré que laisser la télévision ouverte en bruit de fond à la maison peut nuire au développement du langage des tout-petits.
D’après l’audiologiste Julie Baril au centre de recherche de l’Institut universitaire en santé mentale de Montréal : « De plus en plus de jeunes ont des symptômes auditifs comme des acouphènes, surtout les adolescents. C’est alarmant parce que d’habitude, ça apparaît davantage à l’âge adulte. ». Les paupières protègent les yeux de la lumière, les oreilles n’ont rien pour être protégées. L’exposition à des jouets très bruyants et à de la musique trop forte, par exemple, peut les abîmer, causer des troubles de l’audition.
Magda Farès, Enseignante en maternelle à la retraite, a donné des centaines de conférences sur la pollution sonore dans les écoles du Québec et de l’Ontario. Elle a fait l’expérience d’installer un sonomètre dans sa classe. Lorsque les mesures étaient reportées au tableau, les élèves pouvaient réaliser à quel point le son était élevé. Résultat : les enfants se déplaçaient beaucoup plus silencieusement, surtout les plus petits. Pour créer un environnement calme, Magda Farès suggère de limiter l’utilisation de lampes trop vives et les décors de couleurs chaudes (rouge, orange, jaune). « Il a été démontré qu’ils ont un effet sur le système nerveux. Or, quand les enfants sont plus excités, ils sont aussi plus bruyants », dit-elle.

Enfants Québec, avril 2016

Quelques clés pour ménager leurs petites oreilles (et les nôtres) 

Éteindre la télé, la radio, portable sur vibreur. Si vous avez besoin d’un fond sonore, privilégiez une musique douce. Radio, télé, sonneries de notifications de portable à longueur de journée sont bien souvent facteurs d’énervement.

Évitez les jouets sonores. Les jeux musicaux ne sont pas à bannir, mais à utiliser à très petites doses. Ils peuvent énerver l’enfant par de trop fortes stimulations auditives. Trop de stimulations peuvent avoir des conséquences : fatigue, troubles du sommeil, surexcitation.

D’après Julie Baril voici ce que vous pouvez faire pour protéger les oreilles de votre enfant :

  • Évitez d’acheter trop de jouets sonores. Plusieurs sont tout aussi intéressants silencieux.
  • Baissez le plus possible le volume du jouet et demandez à votre enfant de ne pas le monter.
  • Enlevez les piles si le son n’est pas un élément essentiel du jeu.
  • Collez un ruban adhésif sur le haut-parleur, si vous jugez le son trop fort.
  • Proposez un jeu calme après plusieurs minutes de jeu avec un jouet bruyant. Les périodes de jeux favorise la concentration de votre tout-petit et lui permettent d’apprivoiser le silence.

N’augmentez pas le volume sonore, sans quoi c’est l’escalade garantie

Ne pas augmenter le volume sonore. Au lieu de hurler (en essayant de passer au-dessus de leurs cris) « les enfants, arrêtez de crier ! » Essayez de leur dire calmement, mais fermement en vous mettant à leur hauteur « Chut ! Les enfants, parlez doucement, merci » en baissant le ton de votre voix.

Les enfants apprennent par le jeu 

  • Jouer à découvrir le silence
  • Jouer à chuchotez des mots à l’oreille que votre enfant devra deviner
  • Jouer à écouter « Monsieur Silence » : arrêtez de parler, de bouger et reconnaitre les sons qui sortent de ce silence : le tic-tac de l’horloge, le crissement des pas sous les feuilles séchées etc.
  • Jouer au roi du silence : qui réussira à faire le moins de bruit possible ?
  • Jouer à marchez sans faire de bruit de pas comme les indiens Fabriquer ensemble un baromètre sonore voir ici

Apprenez à vous détendre, vous offrir des pauses en silence, des bulles de bien être dans votre quotidien. Les enfants apprendront en vous imitant

Que ce soit en atelier parent enfants ou lors de mes formations gestion du stress relaxation données aux Assistants Maternels, je propose des outils éducatifs pour créer : un espace de relaxation où l’enfant peut se retirer et s’isoler des bruits, pour un retour au calme. Nous verrons dans un prochain article différents exercices de relaxation et de détente sensorielle et ludique.

Les enfants apprennent à être attentif au silence

J’aime beaucoup le livre CD calme et attentif comme une grenouille d’Eline Snel. Je l’utilise aussi bien dans le cadre professionnel, comme un outil pédagogique, que personnel avec mes enfants. Les enfants à partir de 5 ans, peuvent travailler leur attention au silence, apprendre à se relaxer, à respirer et ressentir un bien-être.

Voici un résumé : la méthode de la grenouille est un entraînement simple et ludique de l’attention. Aujourd’hui, les enfants sont plus agités et plus anxieux. Parents et professeurs leur demandent de se concentrer, mais personne ne leur montre comment faire. Face à leurs émotions, leurs doutes, leurs ruminations, comment s’y prendre ? Eline Snel a un véritable don pour s’adresser aux enfants. Elle réalise ici un cahier unique qui est en quelque sorte la version active de Calme et attentif comme une grenouille, mêlant exercices, histoires, jeux et méditations.

À l’école, il y a du bruit dans la classe ? À la cantine ? À la récréation ? Voici une belle découverte, le livre CD : « On peut faire peur au bruit »  

En classe ou à la maison cet ouvrage, accompagné d’un CD, a pour objectifs de sensibiliser les enfants de 3 à 5 ans à la problématique du bruit et les aider à trouver des solutions drôles et efficaces pour diminuer le niveau sonore à l’école. Emma découvre avec ses camarades de classe comment faire peur au bruit, représenté par deux personnages effrayants, Décibel et Tintamarre, grâce à la maîtresse qui fait appel tout au long du récit aux 17 chansons du CD pour faire fuir le bruit. Le CD* de 17 pistes accompagne le récit.

chez votre libraire à partir de l’ISBN 978-2-9558770-0-5
ou sur la page Facebook On peut faire peur au bruit.

Et vous Trouvez-vous l’environnement bruyant pour votre enfant? Comment faites-vous pour réduire les nuisances sonores?

2 réponses

  1. deyres dit :

    Merci pour votre article mentionnant notre projet « on peut faire peur au bruit ».
    Nous poursuivons la chasse à cette pollution invisible et allons bientôt éditer une mallette clé en main: affiches de sensibilisation, guide du chasseur de Décibel et Tintamarre ainsi qu’une réédition du livre CD (avec des défis, deux chansons supplémentaires).
    Au plaisir d’échanger avec vous,
    Bien à vous,
    Florence

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