L’écran dans la poussette, une bonne idée ?

L’écran dans la poussette, une bonne idée ?

par Caroline · Publié 16 août 2026 · Mis à jour 17 août 2026

La poussette sert à se déplacer. Mais pour un enfant, c’est aussi une occasion d’observer, d’écouter, de découvrir. Alors, que se passe-t-il quand l’écran prend cette place à sa place ?

Dans la rue, au parc, pendant les courses, l’enfant croise des couleurs, des visages, des animaux, des sons, des odeurs. Ces expériences nourrissent sa curiosité et ouvrent des échanges avec l’adulte. Or un écran capte son attention et réduit d’autant ces occasions d’observer et d’interagir.

Profiter du trajet pour échanger

Pas besoin d’activité préparée. Quelques mots suffisent, par exemple :

« Tu as vu le chat ? »

« Tu entends le camion ? »

« Ça sent bon la boulangerie… »

Ainsi, ces échanges mettent des mots sur ce que l’enfant vit.

Quand l’écran devient un réflexe

Le risque, c’est que l’enfant finisse par associer systématiquement poussette et écran. Une fois cette association installée, les sorties sans écran deviennent plus dures à vivre. L’objectif n’est donc pas de culpabiliser, mais plutôt de regarder la place que l’écran occupe dans les routines.

Des alternatives simples

Voici quelques pistes :

  • Jeux de regard : « Où est le chien ? »
  • Chasse au trésor visuelle : « Trouve une voiture rouge ! »
  • Comptines et commentaires sur le trajet
  • Objets sensoriels adaptés à l’âge : hochet, livre cartonné
  • Pauses découverte, quand c’est possible
  • Moments de connexion : sourire, suivre ce qui attire l’attention de l’enfant

Une fenêtre sur le monde

Il ne s’agit pas pour autant de transformer chaque sortie en séance d’éveil. Les enfants ont aussi le droit de s’ennuyer, de rêvasser. L’enjeu, c’est de préserver ces moments où la sortie devient une occasion d’explorer, de parler, de partager avec l’adulte.

Alors, une bonne idée ?

Un écran capte l’attention, mais il prend la place de ce que la sortie peut offrir : observer, écouter, échanger avec l’adulte.

Ce que j’observe régulièrement, c’est que l’écran, même utilisé de façon ponctuelle, installe une habitude. Et cette habitude devient vite un réflexe, difficile à défaire.

La vraie question, c’est ce que l’écran remplace à chaque fois. Un regard échangé, un mot sur ce qui se passe dans la rue, une attention portée à l’enfant.

Ce phénomène a un nom : la technoférence, terme créé en 2014 par Brandon McDaniel, chercheur en psychologie familiale, puis repris par Jenny Radesky, pédiatre américaine, pour décrire ce qui se joue entre parents et enfants. Le Collectif Surexposition Écrans détaille le phénomène ici.

Au final, la poussette peut être bien plus qu’un moyen de transport. Elle peut être une fenêtre ouverte sur le monde, à condition de lui laisser cette place.

Caroline Lesaint

Consultante enfance, parentalité et numérique

Consultations sur la surexposition aux écrans Cabinet de Consultations éducatives

Membre du Collectif Surexposition Écrans CoSE

Intervenante Les Chevaliers du Web

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