Au Danemark : des cours d’empathie obligatoires


Le Danemark a été élu le « pays le plus heureux » de la planète en 2016

Ce classement est issu de l’étude d’un universitaire anglais, Adrian White, qui a établi une carte mondiale du bonheur d’après cinq critères : santé, richesse, éducation, identité nationale et beauté des paysages. En matière d’ Education, 100  %, c’est le taux d’alphabétisation au Danemark, mais aussi le pourcentage d’élèves admis dans le secondaire. Les dépenses du gouvernement en matière d’éducation équivalent à 15,4 % du PIB.
Depuis une loi de 1993, l’empathie est une matière obligatoire, enseignée à l’école aux jeunes Danois de 6 à 16 ans, à raison d’une heure de cours par semaine. Ca fait rêver! C’est le seul pays au monde où des cours d’empathie sont obligatoires dans les écoles.


C’est quoi l’empathie ?


L’empathie c’est la disposition à se mettre à la place d’autrui tout en restant à distance, sans se confondre avec lui. C’est la capacité que nous avons à écouter l’autre, à comprendre ce qu’il peut ressentir, comprendre ses sentiments sans jugement.

Comment se développe l’empathie?

Avant 3 ans, il est difficile pour l’enfant de se mettre à la place de l’autre pour comprendre son point de vue. En grandissant l’empathie va se développer peu à peu. L’enfant apprenant beaucoup par l’imitation, l’enfant va découvrir l’empathie surtout en observant et en imitant le comportement des adultes. En incitant votre enfant à avoir des gestes attentionnés envers les autres, vous l’aidez à développer son empathie.

Le déroulement des cours d’empathie au Danemark

Lors de ces cours, au travers d’images, les enfants sont invités à exprimer leurs émotions et a écouter celles des autres. Avec le principe de non jugement, ils formulent leur ressenti. Ils essayent de trouver une solution quand un copain a un problème et le soutiennent.

L’écrivaine américaine Jessica Alexander, auteure d’un livre sur le bonheur danois, nous explique que l’empathie est une matière aussi importante « que les mathématiques ou l’anglais ».

Les retombées positives de l’empathie pour les enfants

D’après Catherine Guéguen, Pédiatre Francaise spécialisée dans le soutien à la parentalité  » l’empathie que va recevoir un enfant va modifier en profondeur son cerveau affectif et intellectuel, les molécules qu’ils sécrètent, les neurones, la myéline, les structures cérébrales, l’expression de ses gènes… Cela va également favoriser ses capacités cognitives telles que sa compréhension, sa mémoire, ses apprentissages, sa motivation, sa créativité. »

L’empathie à l’école, c’est travailler sur les émotions, les nommer, les définir. Les ressentir en soi et chez les autres, apporte une autre perception de la difficulté scolaire, des difficultés de comportement et apaise le climat de la classe.

Le Danemark source d’inspiration

Ce pays scandinave est source d’inspiration pour les Pays-Bas et la Russie : des cours d’entraide et des cours de gentillesse sont dispensés dans les écoles depuis quelques années.

En France aussi !

Bonne nouvelle! des professeurs expérimentent l’empathie à l’école. Par exemple cette école à Trappes, voir la vidéo:

Qu’apporte l’empathie en milieu scolaire ?

Le Docteur en sociologie et en psychologie, et professeur des universités, Omar Zanna défenseur d’une pédagogie empathique en France nous explique: « Cela apaise le climat de la classe car de manière générale, la violence naît de la méconnaissance d’autrui. Quand les conditions d’empathie sont créées, l’élève peut comprendre et appréhender le paysage intérieur d’autrui ».
Omar Zanna nous explique également que  » La peur, c’est généralement la peur de l’inconnu. Quand vous savez qui est l’autre, même s’il n’est pas comme vous, il est moins étranger pour vous et donc moins stressant. »

L’autre intérêt de l’empathie dans l’éducation, c’est qu’avec un climat apaisé, les apprentissages sont facilités. Une leçon apprise sur fond émotionnel positif, sera mieux retenue qu’une leçon apprise sur un fond émotionnel négatif.

Selon moi, il pourrait être intéressant de développer davantage cette initiative en France, en la mettant dans le programme à l’école primaire et pourquoi pas proposer des ateliers d’empathie dans les écoles maternelles ? Cela me donne l’idée de la mise en place de beaux projets !

Pour aller plus loin

Je vous propose une petite sélection de livres.

Cultiver l’empathie à l’école

En adoptant la perspective d’autrui et en formant au sens de l’autre, la culture de l’empathie favorise un climat scolaire non seulement propice aux apprentissages mais également à la pluralité interprétative. C’est le seul moyen de se prémunir des risques de positions dogmatiques qui n’envisagent jamais l’autre comme une version possible de soi. Au fil d’une lecture émaillée d’exemples, le lecteur découvre un système de références pédagogiques et théoriques où le corps occupe sa juste place dans la construction du lien aux autres.
La première partie de cet ouvrage retrace la genèse d’un questionnement au sujet de l’intérêt d’une éducation – par les corps en mouvement – à l’empathie à l’école. La seconde, plus tournée vers l’action, expose des mises en oeuvre concrètes à l’adresse des adultes qui ont le souci d’une relation pédagogique bienveillante.

Le cabinet des émotions : Aider votre enfant à développer son empathie

Une vraie « boîte-à-outils » à l’usage des parents modernes pour combattre le syndrome du « tout pour moi » ! Ludique et pratique, à mi-chemin entre la BD et le guide parental, ce cahier fourmille de conseils utiles et d’exercices concrets pour aider l’enfant à se tourner vers l’autre.Découvrez comment le Docteur des Émotions aide Rawel à s’occuper des petits hommes 

Dans ce livre majeur, Catherine Gueguen analyse les règles fondamentales et les formations qui permettent aux adultes comme aux enfants de développer leurs compétences émotionnelles et sociales. L’empathie, cela s’apprend, l’écoute peut se renforcer, l’attention à soi et aux autres se travaille…
Tous les enfants peuvent être « heureux d’apprendre » !
Et les adultes, heureux de les accompagner sur ce chemin !

Le conte chaud et doux des chaudoudoux de Claude Steiner

Claude Steiner est psychothérapeute.

Il était une fois, dans des temps très anciens, des gens qui vivaient très heureux. Ils s’appelaient Timothée et Marguerite et avaient deux enfants, Charlotte et Valentin. Ils étaient très heureux et avaient beaucoup d’amis.

Pour comprendre à quel point ils étaient heureux, il faut savoir comment on vivait à cette époque-là. Chaque enfant, à sa naissance, recevait un sac plein de Chaudoudoux. Je ne peux pas dire combien il y en avait dans ce sac on ne pouvait pas les compter. Ils étaient inépuisables. Lorsqu’une personne mettait la main dans son sac, elle trouvait toujours un Chaudoudou. Les Chaudoudoux étaient très appréciés. Chaque fois que quelqu’un en recevait un, il se sentait chaud et doux de partout.

Et vous que pensez-vous des cours d’empathie dans les écoles?

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